Hafiline Blog

Accueil > Méli Mélo > MAGICIENS DE LA TERRE

MAGICIENS DE LA TERRE

mardi 7 février 2017

fut pensé et écrit à la sortie de la prestigieuse exposition "les magiciens de la terre" du lè mai au 2 juillet 1989 à Paris

Il ne semble pas que ce texte ait pris une ride, et le malaise qui m’a envahie au cours de ma visite non plus.

Imaginons les envoyés (les zélites) de notre monde développé en missions multiples aux quatre coins de la terre pour y débusquer les artistes : esquimaux inuits, sculpteur d’os, écrivain public sur son étal, ironiste zairois dans son cagibi, peintre des signes qui accompagnent la mort dans le culte vaudou etc, etc....

Débusqués, les artistes sont choyés, payés, invités à Paris capitale des arts pour y étaler leurs produits sur un sol et des murs d’artifice.

J’imagine, moi qui a séjourné dans des villages interdits à Java, ai découvert un sublime orchestre d’enfants aussi à Java, ou,, à Mandalay et Kinshasa, lié des amitiés solides avec U Tung Aung, vieux peintre d’aquarelles à la délicatesse rarisime qu’il vend comme cartes de voeux, et avec Stanislas Bosulu, doux descripteur de massacres dans la foret etc ; ; ; etc ; J’imagine donc les ricanements des chamans dans leurs antres, en face des découvreurs d’occident satisfaits (ils vont en avoir pour leur argent !), se délectent docilement en nous délivrant (comment pourrait-il en faire autrement) de magnifiques simulacres.

Allaient-ils leur livrer leur âmes, leurs pouvoirs sacrés, ler inégrité pour une poignée d’écus et un voyage en avion ? Et à l’instant même où il remet ou compose son simulacre, le magicien devient, par un juste retour de manivelle, le porte-parole magnifiquement silencieux de tous les artistes de ces pays dits encore sous-développés (ou en développement saumâtre) qui nous livre une oeuvre devenue sous nos climats objet de spéculation,mécanique livré aux livres, aux journaus, aux galeries qui les ingurgiterons. L’artiste maigrit, et l’éditeur ou le marchand d’art en arrivera parfois à éviter de le rencontrer..

Ainsi dans un musée de renom international, où les trois-quarts des oeuvres exposées sont des chef-d’oeuvres d’avatars inquiétants, comme l’homme-fauteuil de Patrick d’Haïit tout prêt à nous étouffer de ses bras, ou cet autre fauteuil-trappe avec son dispositif pour éjecter, ces magiciens font éclater la revanche fantôme, éblouissante pour qui sait voir, de la mystérieuse et magique anthenticité

 ; ;

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.