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PAN DE MAROC (2) suite et fin

samedi 4 mars 2017

PAN DE MAROC (2) suite et fin

Sarah froisse les papiers brillants qui enveloppaient les bonbons, les fourre dans les oreilles de Hakima qui jubile, affriolée par ses boucles d’oreilles multicolores, Elle respire les cheveux de sa mère, fleurant bon le clou de girofle,

Les artisans ont installé leur vitrine, à même la rue, Une tige métallique verticale s’alourdit de robinets suspendus, un autre mât, flexible, s’adorne de lampes endormies, Le peintre a juste posé son seau et ses pinceaux sur le trottoir, Tous attendent, accroupis à côté de leur étal contre la toile de fond d’un immeuble en construction, hôtel plein d’étoiles qui les surréaliste,

Plus loin deux hommes ont transformé une portion de trottoir en jeu de dames, Des morceaux de carottes et des haricots verts sont les jetons des enjeux,

Tous sont indifférents aux femmes et aux fillettes qui passent, une planche recouverte ‘un torchons sur la tête, Elles vont au four public, Les pains s’accumulent avant l’enfournement, marqués au pouce ou au couteau, marqués par l’imagination de leurs créatrices assidues, prolifiques qui exposent jour après jour leurs œuvres d’art,

Bled, Halte chez le coiffeur du village qui a installé sur une table basse une tomate, une carotte, une prune et la tortue à qui elles sont destinées, L’artisan attend sans impatience, caresse la bête, boit du thé,

Dans la ferme retrouvée une grappe de petites filles s’agrippe à moi, me contraint au jeu, Les bébés mordillent les carottes et les poivrons crus,

Dans la baratte le lait malmené cogne et recogne contre les parois un morceau d’espace, Près du puits, dans un grand silence, une récolte se tamise, m’enveloppe de fine poussière , Des magiciennes bariolées préparent, dans la cuisine noire de suie, la soupe épaisse, généreuse comme une mère que l’on mangera bouillante, délicieuse, le lendemain dans le matin frais,

Très loin dans une ville deux hommes et une femme passent, s’arrêtent pour échanger quelques mots, Ils sont misère, Misère des regards qui n’osent s’accrocher ou se percher de peur des chasses, Misère des corps efflanqués sous des habits propres,

A quelques kilomètres de la ville des rois dorment dans un cimetière entouré de jardins, Au bord d’une source et d’un bassin où nagent des anguilles, vit une population de chats heureux, Un vieillard vendeur de babioles pour touristes partage son repas avec eux, Oasis au milieu du désert de la misère,

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