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ATELIER DU BROUHAHA

vendredi 21 avril 2017, par JH

L’ATELIER DU BROUHAHA

Si vous vous rappelez mon texte sur Albine, la chatte écaille de tortue de mes amis des Yvelines, je vous faisais part de la propension de cette chatte, quand elle regagnait ses pénates après ses chasses d’oiseaux et de mulots, à s’installer à toute heure de la journée et de la nuit dans mes draps , sur mes pulls ou ma veste, manifestant ainsi son attachement sentimental à ma personne pensais-je

Il me fallut déchanter lors d’une visite à une autre amie, quand son chat angora , qui venait de quitter la table sur laquelle il me faisait face et semblait susciter mes caresses, partit s’installer sur mon gilet abandonné dans un fauteuil,

Il convenait de réviser mes intuitions délirantes, Les chats aiment mon odeur, exempte de tout parfum (comme Montaigne aime les femmes) tout simplement, et de moi, ils ne s’amourachent guère, Ce qui ne m’empêche pas de me sentir encore plus proche, sinon parente de cette engeance qui me fascine et me fait des signes lorsque je la rejoins dans la rue, tolérant des caresses dont je ne suis jamais avare ,

Cette intimité avec les chats je retrouve son essence quand je joue dans le jardin avec Salomé, trois ans et demi, ou quand nous échangeons, dans nos assiettes, des bouts de nourriture contre un beau morceau de gigot Nous sommes du même bord, du même âge, nous inventons des cachettes où nous nous égratignons aux buissons, les parents ont disparu de notre vue, confits au très loin dans leur bonheur béat de « posséder » un tel trésor de petite fille,

Il m’est difficile, après ces récréations rares, de retrouver une réalité qui n’en est plus une, mais un simulacre de réalité grossière, par exemple sur les marchés de plus en plus envahis de légumes et fruits insipides parce qu’on les a forcés à pousser dans des terres étrangères., Le paradoxe est, à la mesure de l’inflation de la globalisation (à ne pas confondre avec la mondialisation) les fruits et les légumes ont grossi en proportion, De plus en plus difficile de trouver, sur ces marchés pourtant destinés à promouvoir les produits locaux, marchés qui d’ailleurs me semblent mourir peu à peu, des salades ou des oignons nouveaux blancs qui ne soient pas monstrueusement gros, Il n’y a plus non plus les herbes aromatiques telles l’estragon, Et si on ne dispose pas d’un jardinet ou d’un balcon, il faut faire son deuil de ces succulents ingrédients qu’on ne trouve plus que dans des magasins spécialisés le plus souvent éloignés des quartiers populaires des centres-villes, et qui eux aussi vont disparaître au profit d’une « gentrification » sournoise, Enfin ne m’y retrouve plus, devenant étrangère sur ma terre natale, la planète,,

Pas plus d’ailleurs que je me retrouve dans ce cirque de campagne électorale ou la réalité, enfin celle où je me retrouve, a semble-t-il fondu, ou s’est éclipsée pour laisser la place à une ventrification de non-sens, une grandiloquence d’absurdités qui risquent de conduire le genre humain à son terme, La terre trouvera-t-elle assez de ressources pour résister à sa destruction programmée par des êtres inconscients, sourds, idiots, avides , acharnés à se cramponner à leurs dérisoires possessions ?

Je vote utile pour les quatre tulipes mauves qui se sont installées près de la glycine qui s’enroule sur les églantiers, Je vote utile pour l’inattendue bouillée de trèfle dont les fleurs d’un rose épanoui éclatent soudain de douceur, je vote utile pour l’abricotier écorché qui s’obstine à me donner de rares fruits savoureux, pour le figuier monumental dont je quémande la force quand je l’enlace, pour le rosier ancien dont une racine échappée à l’éradication s’est métamorphosée en buisson à l’ardente floraison,

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