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		<title>*--------------- Hafiline Blog ---------------*</title>
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		<title>test</title>
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		<title>MAROC RETOUR A LA FERME</title>
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		<description>Le temps reprend au bled son &#233;paisseur originelle. Les sensations, drogu&#233;es par les bruits et les miasmes de la ville, se r&#233;veillent. Je pars avec les enfants rejoindre Abdelta&#239;f et son troupeau dans un champ lointain. Khadidja a empoign&#233; ma main avec force Les piquants des chaumes entrent dans ses orteils nus. Elle s'arr&#234;te, me pr&#233;sente la plante de son pied droit, j'enl&#232;ve deux piquants. Dix fois elle s'arr&#234;te, dix fois j'extrais des piquants qui deviennent de (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le temps reprend au bled son &#233;paisseur originelle. Les sensations, drogu&#233;es par les bruits et les miasmes de la ville, se r&#233;veillent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Je pars avec les enfants rejoindre Abdelta&#239;f et son troupeau dans un champ lointain. Khadidja a empoign&#233; ma main avec force Les piquants des chaumes entrent dans ses orteils nus. Elle s'arr&#234;te, me pr&#233;sente la plante de son pied droit, j'enl&#232;ve deux piquants. Dix fois elle s'arr&#234;te, dix fois j'extrais des piquants qui deviennent de plus en plus imaginaires. Le jeu lui plait. A moi aussi. Une c&#233;r&#233;monie de la pr&#233;sentation du pied prend forme. Khadidja est la princesse ma&#238;tresse du jeu, j'ob&#233;is avec plaisir et servitude.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Hakima la cadette prend aussi possession de moi comme de coutume Elle me caresse, me mordille partout o&#249; elle peut, suce les boutons de ma robe, les appelle des seins. Elle r&#234;ve de repartir en France avec moi. Le soir, au retour des champs, elle s'endort comme une masse dans mes bras.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Le soir tomb&#233; je vais faire une br&#232;ve toilette dans le coin nouvellement am&#233;nag&#233;, &#224; c&#244;t&#233; du trou &#224; la turque. Une poule y a &#233;lu domicile pour la nuit. Je l'ai r&#233;veill&#233;e. Vaguement irrit&#233;e, elle supporte mal ma pr&#233;sence et l'eau que je projette Elle me laisse la place et d&#232;s que je m'&#233;loigne revient occuper son domaine nocturne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Le lendemain nous partons pour le souk du dimanche &#224; Medionna avec Idriss et son fils ain&#233;. Hakima ne me quitte pas d'un pouce. Si elle pouvait entrer sous ma peau, je deviendrais grosse d'une petite fille de trois ans. Nous nous arr&#234;tons au retour chez la m&#232;re de Malika. Je demande :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; :quel est son nom ? &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; : Fille de Laarbi
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mais quel est son nom ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ah, Fatima, fille de Laarbi&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous buvons le th&#233; &#224; la menthe, nous mangeons le pain et le beurre, nous buvons le lait caill&#233;. Nous regagnons la ferme familiale trois heures plus tard. Je suis gorg&#233;e de temps dense aussi vierge et excessif que le soleil qui a rougi ma peau Et de ce temps formidablement consistant, accumul&#233; &#224; la ferme de Malika , je me repais, le laissant envahir mes vaisseaux, irriguer mon cerveau,, &#233;paissir mes intuitions, &#233;peronner ma conscience pour des jours et des jours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Mustapha le dernier n&#233; de la nich&#233;e est dans mon dos, bien cal&#233; dans la large &#233;charpe install&#233;e par les femmes, et je l'emm&#232;ne visiter la tombe de Mustapha le dernier mort. On a enterr&#233; deux enfants pr&#232;s de lui. Les deux petits monticules sont &#224; peine visibles, d&#233;j&#224; les moutons viennent pa&#238;tre dessus, et y laisser leurs crottes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Derni&#232;re soir&#233;e o&#249; les femmes jouent &#224; se quereller et &#224; se battre. Malika d&#233;nude sa poitrine. La perfection du nombril de Hakima sur son ventre tout rond gorg&#233; de nourriture m'&#233;meut.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>STATIONNEMENT</title>
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		<description>&#171; &#8230;.A chaque tournant, je m'attendais &#224; voir surgir une barri&#232;re, une &#232;re de stationnement. Mais la route d&#233;roulait tranquillement ses m&#233;andres, et aucune sentinelle ne nous coupait le chemin ... &#187; Voil&#224; ce que je lisais page 23 dans la traduction du livre de Vassili Golovanov &#171; Espaces et labyrinthes &#187; (Verdier Editeur) que venait de m'offrir une tr&#232;s bonne amie. Il faut dire que, de par ma lointaine &#233;ducation, toutes les fautes d'orthographe et de syntaxe me (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &#8230;.A chaque tournant, je m'attendais &#224; voir surgir une barri&#232;re, &lt;strong&gt;une &#232;re de stationnement.&lt;/strong&gt; Mais la route d&#233;roulait tranquillement ses m&#233;andres, et aucune sentinelle ne nous coupait le chemin ... &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Voil&#224; ce que je lisais page 23 dans la traduction du livre de Vassili Golovanov &#171; Espaces et labyrinthes &#187; (Verdier Editeur) que venait de m'offrir une tr&#232;s bonne amie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Il faut dire que, de par ma lointaine &#233;ducation, toutes les fautes d'orthographe et de syntaxe me sautent aux yeux. Et cette &#171; &#232;re de stationnement &#187; n'a pas failli &#224; l'appel de mon attention et a imm&#233;diatement activ&#233; mes r&#233;flexes de cr&#233;atrice de marmonnements fragilement litt&#233;raires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	S'agissait-il vraiment d'une simple erreur homonymique, ou bien une invitation &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; une collision du temps et de l'espace qui nous convierait &#224; nous arr&#234;ter enfin pour de bon et pour un long temps sur une portion congrue de territoire et de l'explorer, mettant de c&#244;t&#233; toutes nos h&#226;tes intempestives &#224; atteindre des buts que la soci&#233;t&#233; s'acharne &#224; nous imposer avec la volont&#233; de nous soumettre &#224; je ne sais quel diktat d'efficacit&#233; d&#233;risoire ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Errer, jubilatoirement, ,dans une portion du temps qui aurait soumis le stationnement &#224; sa propre volont&#233; d'&#233;tirement, quel programme ! Et par la m&#234;me occasion redonner &#224; cette aire conquise ses multiples dimensions, cailloux, larves, mouvements cach&#233;s, &#233;clats de vie f&#233;roce avalant l'air, tout &#231;a sous une houppelande de terreau nourricier ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Il faut respirer et c'est tout, sans se soucier de l'absence de sas ai-je &#233;crit auparavant dans un sifflement. Il me faut quitter cette &#232;re et reprendre pied dans une r&#233;alit&#233; qui reste &#224; apprivoiser &#8211; ou laisser cette r&#233;alit&#233; nous apprivoiser -, et diffuser cette aire de papier maintenant griffonn&#233;, sortie du temps de la cr&#233;ation, nourrie de lectures voraces, me jeter dans une imm&#233;diatet&#233; n&#233;cessaire, m'acheminer , avec une h&#226;te paradoxale, hors des limites du stationnement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>ORANGE</title>
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		<description>Le fait d'&#234;tre sold&#233;es ne les rendaient pas moins succulentes. Simplement leur peau l&#233;g&#232;rement flasque facilitait l'extraction d'un jus sanguin qui avait int&#233;rioris&#233;, au go&#251;t , l'amorce d'une subtile et d&#233;concertante d&#233;composition.. Donc, j'&#233;tais revenue dans cette jeune SCOOP bio pour faire la razzia des oranges sold&#233;es et m'appr&#234;tait &#224; payer lorsque passa devant moi un jeune homme. Un &#233;tudiant me dis-je, qui posa sur le tapis une orange. Une (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le fait d'&#234;tre sold&#233;es ne les rendaient pas moins succulentes. Simplement leur peau l&#233;g&#232;rement flasque facilitait l'extraction d'un jus sanguin qui avait int&#233;rioris&#233;, au go&#251;t , l'amorce d'une subtile et d&#233;concertante d&#233;composition..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Donc, j'&#233;tais revenue dans cette jeune SCOOP bio pour faire la razzia des oranges sold&#233;es et m'appr&#234;tait &#224; payer lorsque passa devant moi un jeune homme. Un &#233;tudiant me dis-je, qui posa sur le tapis une orange. Une seule. Il disparut avant que je sois revenue de ma surprise. La caissi&#232;re, &#233;tale dans sa fonction, n'avait pas bronch&#233; plus que moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Nous en sommes l&#224;. Des achats &#224; l'unit&#233; l&#232;vent sur nos march&#233;s et dans nos boutiques, j'ai v&#233;cu &#231;a sous les tropiques. Et pourtant nous vivons entour&#233;s de richesses pl&#233;thoriques ramass&#233;es dans peu de mains Il serait peut-&#234;tre temps de nous rendre compte de cette abondance de la mis&#232;re encore cach&#233;e autour de nous et qui t&#233;moigne d'un monde sp&#233;culaire qui vire &#224; la fois vers une absurdit&#233; cynique et une d&#233;tresse d&#233;chirante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Il ne faut pas se leurrer. Sur cette terre qui r&#233;tr&#233;cit &#224; la mesure de l'outrance de ses r&#233;alisations &#8211; les paquebots et les avions par exemple, ou les forages rapaces, qui polluent la mer et l'air qui nous appartiennent de plein droit &#8211; nous sommes tous dans le m&#234;me radeau...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Les probl&#232;mes de la Gr&#232;ce, bient&#244;t de l'Espagne et de l'Italie nous encerclent, sans parler des autres continents.. Nous sommes solidaires des faims de leurs peuples que nous le voulions ou non, parce que leurs faims risquent d'&#234;tre bient&#244;t les n&#244;tres,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Les puissants coalis&#233;s se bouchent les yeux et les oreilles, et mettent dans leurs bouches des torrents d'insanit&#233;s. Il faudra bien une bifurcation ( en fait elle est en marche) du sens de l'histoire pour les emp&#234;cher de nuire plus Les moyens sont l&#224;, mis en place par de timides r&#233;calcitrants &#8211;( les paniers bio des Amap, le miel urbain, les villes en marche vers les transitions, en gros les soci&#233;t&#233;s alternatives vers une mondialisation sociale) et aussi des penseurs qui ne cessent, ces lanceurs d'alertes, de nous crier des v&#233;rit&#233;s A nous de les d&#233;busquer, &#224; l'aide de cet instrument encore libre qu'est Internet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Voil&#224; ce que cette orange m'a inspir&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	. &#8230;..&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>DE QUOI SUIS-JE LA PROPRIETAIRE ?</title>
		<link>http://hafiline.unblog.net/spip.php?article443</link>
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		<dc:date>2012-03-26T14:19:45Z</dc:date>
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		<description>Commentaire paru sur le blog de Paul JORION le 26 mars, &#224; la suite de l'article &quot;Ce qui doit changer et les forces qui s'y opposent&quot; Les questions &#224; r&#233;soudre font l'objet de plusieurs articles de r&#233;flexion de Paul JORION en particulier sur la notion de propri&#233;t&#233; En marge des questions &#224; r&#233;soudre En v&#233;rit&#233;, je ne connais pas le fonctionnement de mon corps (sauf si je fais un saut qualitatif vers des ouvrages savants qui ne m'en livreront qu'une analyse (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Commentaire paru sur le blog de Paul JORION le 26 mars, &#224; la suite de l'article &quot;Ce qui doit changer et les forces qui s'y opposent&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les questions &#224; r&#233;soudre font l'objet de plusieurs articles de r&#233;flexion de Paul JORION en particulier sur la notion de propri&#233;t&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En marge des questions &#224; r&#233;soudre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	En v&#233;rit&#233;, je ne connais pas le fonctionnement de mon corps (sauf si je fais un saut qualitatif vers des ouvrages savants qui ne m'en livreront qu'une analyse ardue) Ce corps, suppos&#233; m'appartenir et qui fait sa vie souterrainement, ne laissant sur l'ext&#233;rieur que des trous avares, est le ma&#238;tre empress&#233; &#224; r&#233;clamer la nourriture que l'esclave que je suis lui procure journellement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Avec mon cerveau je lutte contre cette suj&#233;tion, reportant la responsabilit&#233; de celle-ci sur des &#233;v&#233;nements plus ou moins di&#233;t&#233;tiques, ou historiques, ou dramatiques, ou tragiques ou simplement malheureux, externalisant mes manques, mes rebellions vers autrui, cet autrui que je ne connais pas plus, que j'estime ou m&#233;prise, que je voudrais exterminer pour qu'il ne me renvoie plus une image d&#233;solante de ma propre personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Et si je ne suis pas propri&#233;taire de mon corps comment pourrais-je l'&#234;tre d'une maison, d'un jardin habit&#233; d'&#234;tres qui le colonisent &#224; mon insu, l'affranchissant de ma souverainet&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Je suis l&#224;, en sursis sur cette terre encore rondelette, nourrie jusqu'au vertige de textes prodigieux ou insipides sur la nature de la propri&#233;t&#233;, et ne suis pas plus avanc&#233;e, claudicante, avalant des trait&#233;s que le m'efforce d'expulser en mots tronqu&#233;s, &#233;trons dispos&#233;s sans vergogne sur des feuilles de papier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Dans ce monde &#171; rat&#233; &#187; d&#232;s l'origine, comme dit un anthropologue, en voie de bifurcation vers l'accomplissement du ratage ou enfin l'apparition d'un homme humain, je continue &#224; me poser des questions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Mon corps va bient&#244;t me l&#226;cher, rendant toute appropriation d'un lopin de terre ou de renom fragile, pour moi ou mes descendants, absurde. Alors, que peut faire le grain de poussi&#232;re que je suis pour construire un espace o&#249; ce corps et son appendice le cerveau accueilleraient un autrui &#224; panser ,&#224; d&#233;barrasser &#224; son tour de ses possessions illusoires ? .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>GRECE ANIMALE</title>
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		<description>La Gr&#232;ce, o&#249; les chiens errants sont pris en charge par l'Etat. La rue leur appartient, et ils sont les gardiens bien nourris, bienveillants et accompagnateurs des touristes dans les temples et jusqu'aux portes des mus&#233;es.. S'ils portent un collier, souvent un bout de chiffon, c'est qu'ils sont st&#233;rilis&#233;s. L'un d'eux, jeune &#233;tourdi plein d'ardeur m'a prise pour compagne de ses jeux, ent&#234;t&#233; &#224; sauter sur mes &#233;paules, &#224; provoquer mes (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Gr&#232;ce, o&#249; les chiens errants sont pris en charge par l'Etat. La rue leur appartient, et ils sont les gardiens bien nourris, bienveillants et accompagnateurs des touristes dans les temples et jusqu'aux portes des mus&#233;es.. S'ils portent un collier, souvent un bout de chiffon, c'est qu'ils sont st&#233;rilis&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	L'un d'eux, jeune &#233;tourdi plein d'ardeur m'a prise pour compagne de ses jeux, ent&#234;t&#233; &#224; sauter sur mes &#233;paules, &#224; provoquer mes courses, &#224; amuser le groupe o&#249; j'&#233;tais enferm&#233;e pour des visites trop programm&#233;es. Un autre, devant une porte romaine, vieux berger &#233;norme affal&#233; sur le trottoir, immobile, indiff&#233;rent aux passants tout aussi indiff&#233;rents qui le contournaient, semblait l&#224;, ma&#238;tre de son espace, concentrer sa respiration sur une agonie tranquille, publique, paradoxalement invisible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Il y a aussi les chats, en bandes serr&#233;es et fam&#233;liques alentour des monast&#232;res, avides des morceaux de pain et de brioches ramass&#233;es dans les h&#244;tels et les tavernes que je leur distribuai (moi surnomm&#233;e &#171; sainte Fran&#231;oise &#187; par le p&#232;re Gilles) contre d'avares acceptations de caresses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Mais il n'y a pas eu, il n'y a gu&#232;re le temps d'une nuit, de cigales &#224; Epidaure La Callas, invit&#233;e &#224; chanter dans le th&#233;&#226;tre &#224; l'acoustique renomm&#233;e, a exig&#233; qu'elles soient extermin&#233;es pour sa prestation.. Ce qui fut fait. Pauvre Callas, encha&#238;n&#233;e &#224; son art accompli et &#224; son destin de diva malheureuse ! Que n'a-t-elle accept&#233; de joindre &#224; sa sublime voix ces autres voix multiples, crissantes et chantantes, pour une possible harmonisation du monde le temps d'un unique et prodigieux concert ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>CARACTERE</title>
		<link>http://hafiline.unblog.net/spip.php?article441</link>
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		<dc:date>2012-03-15T10:55:16Z</dc:date>
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		<description>Manuel, dit Manu, d&#233;clenche instantan&#233;ment, lors des r&#233;unions auxquelles il participe, une grandissante sympathie qui n'a d'&#233;gale que l'irritation tout aussi grandissante, mais r&#233;fr&#233;n&#233;e, qui s'installe chez toutes les personnes pr&#233;sentes. Manu est atteint d'une maladie g&#233;n&#233;tique qui le fragilise mais n'a aucune incidence sur sa vie active, r&#233;active, suractive de militant. Au contraire ses carences physiques cach&#233;es semblent avoir aliment&#233;, jusqu'&#224; (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Manuel, dit Manu, d&#233;clenche instantan&#233;ment, lors des r&#233;unions auxquelles il participe, une grandissante sympathie qui n'a d'&#233;gale que l'irritation tout aussi grandissante, mais r&#233;fr&#233;n&#233;e, qui s'installe chez toutes les personnes pr&#233;sentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Manu est atteint d'une maladie g&#233;n&#233;tique qui le fragilise mais n'a aucune incidence sur sa vie active, r&#233;active, suractive de militant. Au contraire ses carences physiques cach&#233;es semblent avoir aliment&#233;, jusqu'&#224; la fr&#233;n&#233;sie peut-&#234;tre, sa d&#233;termination &#224; agir pour un changement de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tr&#232;s souvent il arrive en retard (travail ou repos obligent) muni inexorablement d'un sandwich impressionnant et de viennoiseries sans &#234;tre conscient de certains regards, r&#233;probateurs mais bienveillants qui se posent sur sa personne. Alors il entame une sustentation tranquille se pliant &#224; la voracit&#233; rabelaisienne d'une affection qui fait fi des limites de la bonne gestion de la convivialit&#233; dans un groupe condamn&#233; &#224; assister &#224; une agape paradoxalement solitaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une fois son corps satisfait &#224; l'int&#233;rieur, Manu s'attaque, avec constance et r&#233;gularit&#233;, aux boutons qui assi&#232;gent ses bras et sa nuque. Il les ratisse avec obstination et m&#233;thode, les m&#234;mes qu'il emploie &#224; tenter de r&#233;former le monde qui nous enveloppe. Et en m&#234;me temps il d&#233;verse sur l'auditoire attentif ses informations et ses r&#233;flexions d'une pertinence toujours ouverte &#224; une saine discussion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sa candeur loquace et &#233;rudite paralyse les vell&#233;it&#233;s de r&#233;actions protestataires d'un groupe sainement accul&#233; &#224; subir autrui et &#224; apprendre &#224; devenir humain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;auxqu&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>bout de journal 29 f&#233;vrier 2012</title>
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		<dc:date>2012-03-02T07:26:03Z</dc:date>
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		<description>SUR LES PAVES LA PAGE &#171; Fukushima mon amour &#187; C'est ce que j'ai lu , blanche d&#233;claration, sur la chauss&#233;e, alors que je revenais de mon &#233;merveillement sur le pont traversant la Loire, le soleil se dissolvait en millions de parcelles de lumi&#232;re sur l'eau verte qui les fr&#244;lait dans sa course lente vers l'oc&#233;an. Et sur le coup je me suis dit que la rue pourrait, devrait devenir support indispensable de cris, de slogans, de po&#232;mes, vecteurs d'un &#233;gratignement (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;SUR LES PAVES LA PAGE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; Fukushima mon amour&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187; C'est ce que j'ai lu , blanche d&#233;claration, sur la chauss&#233;e, alors que je revenais de mon &#233;merveillement sur le pont traversant la Loire, le soleil se dissolvait en millions de parcelles de lumi&#232;re sur l'eau verte qui les fr&#244;lait dans sa course lente vers l'oc&#233;an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Et sur le coup je me suis dit que la rue pourrait, devrait devenir support indispensable de cris, de slogans, de po&#232;mes, vecteurs d'un &#233;gratignement et, qui sait, d'un soul&#232;vement qui arracherait leurs moellons aux &#233;difices o&#249; de suppos&#233;s nantis du monde &#233;rigent leurs fausses certitudes en d&#233;vastation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Bon, abandonnons pour un temps l'utopie r&#233;aliste pour faire un peu de m&#233;nage dans mon bout de jardin. Facile &#224; dire ; Mon rouge-gorge familier s'est mis de la partie et est venu s'installer pr&#232;s du tas de feuilles pr&#234;t &#224; &#234;tre ramass&#233;. Je l'ai salu&#233;, entamant mon habituel monologue chantonnant, j'ai &#233;parpill&#233; quelques miettes, et lui ai laiss&#233; la place pour aller gratouiller la terre &#224; l'autre bout du jardin, l&#224; o&#249; des herbes et leurs racines s'avan&#231;aient vers la terrasse. Et bien il est arriv&#233;, cet oiseau de distraction tout pr&#232;s de moi et a entam&#233;, pour la premi&#232;re fois je le jure, une tirade &#224; laquelle je ne comprenais rien, gargouillis m&#233;lodieux &#224; peine audible qui gonflait son jabot.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	J'ai abandonn&#233; le jardin &#224; son h&#244;te gracieux pour rejoindre la maison paisible o&#249; des mots attendaient leur d&#233;corticage, o&#249; des questions ail&#233;es d&#233;j&#224; s'installaient et attaquaient mes convictions branlantes pr&#234;tes &#224; se m&#233;tamorphoser en l'&#233;tat de gr&#226;ce de l'incertaine r&#233;alit&#233;. .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>DES COUACS ET DES QUARKS</title>
		<link>http://hafiline.unblog.net/spip.php?article436</link>
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		<dc:date>2012-02-15T02:47:34Z</dc:date>
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		<description>SUSPENSE L'action se passe dans un int&#233;rieur petit-bourgeois, d'une laideur irr&#233;m&#233;diablement moderne. Un meuble laqu&#233; noir occupe un pan de mur entier, ses deux vitrines garnies de copies de sculptures africaines, souvenir du voyage organis&#233;. Une table basse est cern&#233;e d'une banquette et de deux fauteuils tapiss&#233;s de tissu &#224; fleurs. Sur la table un vase de Daum s&#233;par&#233; de son support par un napperon blanc. Au fond, une salle &#224; manger Henri II h&#233;rit&#233;e de la m&#232;re de (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;SUSPENSE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'action se passe dans un int&#233;rieur petit-bourgeois, d'une laideur irr&#233;m&#233;diablement moderne. Un meuble laqu&#233; noir occupe un pan de mur entier, ses deux vitrines garnies de copies de sculptures africaines, souvenir du voyage organis&#233;. Une table basse est cern&#233;e d'une banquette et de deux fauteuils tapiss&#233;s de tissu &#224; fleurs. Sur la table un vase de Daum s&#233;par&#233; de son support par un napperon blanc. Au fond, une salle &#224; manger Henri II h&#233;rit&#233;e de la m&#232;re de monsieur. Sur le mur une copie d'un Picasso de la p&#233;riode bleue.Le tout d&#233;gage l'impression d'une h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;&#239;t&#233; surprenante, voire inqui&#233;tante, soulign&#233;e par le balancement du temps offert par la pendule 1900 fich&#233;e sur le mur &#224; droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le soir apr&#232;s d&#238;ner, monsieur regarde un match de foot &#224; la t&#233;l&#233;, madame tricote une layette pr&#232;s de lui. La sonnette d'entr&#233;e &#233;ructe trois coups prolong&#233;s faisant sursauter madame qui pousse un cri. Monsieur grommelle. Ils se regardent en silence&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Lui : mais qui ... Un nouveau coup de sonnette l'interrompt. Court silence
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; lui : tu attends quelqu'un ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; elle : mais non voyons, qui veux-tu que j'attende &#224; cette heure, Paul est parti en vacances avec C&#233;cile et les enfants depuis huit jours !
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; lui : qu'est-ce qu'on fait ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; elle : rien ... ne fais pas de bruit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il grogne. Long moment de silence ; un court instant immobile, une araign&#233;e descend lentement de son fil dans un coin de la pi&#232;ce. La tension s'installe, qui tisse une toile o&#249; s'engluent les deux personnages dont les mouvements se font de plus en plus nerveux, saccad&#233;s. Ils sont inquiets et semblent s'agiter &#224; l'int&#233;rieur d'un pi&#232;ge invisible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui se l&#232;ve, laisse tomber son journal, elle essaie de relever les mailles tomb&#233;es de son tricot.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nouveau coup de sonnette tr&#232;s bref qui les immobilise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle : tu ne crois pas qu'on devrait ouvrir ? Il n'est pas si tard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui se dresse, tr&#232;s droit, va &#224; la porte d'un pas d&#233;cid&#233; et tonne : qui est l&#224; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Silence suivi d'une p&#233;tarade de coups de sonnette.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ouvre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un homme encore jeune tr&#232;s beau (genre Samy Frey on imagine un ange) entre silencieusement et se dirige droit vers le buffet o&#249; il change de place une statuette et en met une autre dans sa poche. Ebahissement du couple fig&#233; sur place, yeux fix&#233;s sur lui. L'homme s'adosse au buffet, les regarde avec un sourire narquois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle se l&#232;ve, en m&#234;me temps que l'homme fait un pas en avant, et se rassoit, paralys&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui veux sortir un paquet de tabac de la poche de son pantalon, mais l'homme fait trois pas en avant, &#233;tend le bras et dit :&quot;non&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui : mais qu'est-ce que ...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;l'homme : ne dites rien et surtout ne fumez pas, c'est dangereux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui : mais qu'est-ce que ...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme s'approche de la table vitr&#233;e, se penche et lui donne un grand coup de poing qui fait sursauter le vase et le couple. Il se redresse lentement dans un silence profond, sort un paquet de cigarettes turques de sa veste et en allume une avec un briquet qui crache une flamme immense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui s'assoit et se prend la t&#234;te entre les mains.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle g&#233;mit : &quot;mon napperon, attention &#224; mon napperon !&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme regarde le napperon immacul&#233;, le tire vers lui en soulevant le vase et le met dans sa poche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle, soulag&#233;e : merci&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors l'homme ressort le napperon de sa poche et le d&#233;chire d'un coup sec. Elle pousse un cri de douleur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui, qui n'a pas vu ce qui s'est pass&#233;, se l&#232;ve d'un bond et se pr&#233;cipite au secours de sa femme ; l'homme le repousse violemment et il tombe &#224; moiti&#233; &#233;tourdi dans un fauteuil pr&#232;s de la table basse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme : Ne recommencez jamais &#231;a, ou vous pourriez le regretter tous les deux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il remet le napperon d&#233;chir&#233; sur la table en le lissant comme s'il s'agissait d'un objet pr&#233;cieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le t&#233;l&#233;phone sonne. Au bout de six sonneries l'homme dit : &quot;qu'est ce que vous attendez ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui : r&#233;ponds Anne, &#231;a doit &#234;tre les enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle se l&#232;ve p&#233;niblement, en proie &#224; la peur, s'approche de l'appareil, d&#233;croche en tremblant, sa voix tremblote : &quot;allo ? c'est toi Paul ? Ah excusez moi Madame Carr&#233;, je croyais que c'&#233;tait mon fils. Non tout va bien, non, non ne descendez pas, tout va bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle crie : &quot;non Madame Carr&#233;, surtout ne descendez pas, nous verrons demain !&quot; Elle raccroche et se met &#224; sangloter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme arrache le napperon de la table et le d&#233;chire &#224; nouveau d'un coup sec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Silence, qui devient de plus en plus insupportable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme s'approche sur le devant de la sc&#232;ne, scrute les spectateurs dans le noir, cligne des yeux, le couple l'observe craintivement.Il fait demi-tour, parcourt la sc&#232;ne avec l'air de r&#233;fl&#233;chir profond&#233;ment les yeux fix&#233;s au sol, puis regarde le couple p&#233;trifi&#233;, lui tass&#233; dans son fauteuil, elle debout les bras ballants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme : je ne vous le r&#233;p&#233;terai plus, ne recommencez jamais ou bien ....il tire un lacet de sa poche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle pousse un g&#233;missement et s'effondre comme une poup&#233;e de chiffon sur le tapis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui se l&#232;ve dans le dos de l'homme, fait un pas h&#233;sitant murmurant : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; esp&#232;ce de ....
L'homme se dirige vers le fauteuil d&#233;laiss&#233; et change le lacet cass&#233; de sa chaussure droite disant :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; vous ne vous souvenez de rien ? Non &#233;videmment non, comment pourriez-vous vous souvenir SANS QU'ON VOUS EXTIRPE LA VERITE DE FORCE !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle se soul&#232;ve p&#233;niblement et chevrote :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mais oui bien s&#251;r, comment ai-je pu oublier ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui : Anna tais toi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme se met &#224; ricaner. &quot;Et bien, il semble que &#231;a vous revienne tout doucement &quot; et tonitrue : IL ETAIT TEMPS !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La pendule sonne dix coups.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui, angoiss&#233; : Anna, tu as entendu, il est dix heures ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle, toujours accroupie, la t&#234;te dans ses mains : &quot;Mon Dieu !&quot;
Elle se rel&#232;ve, se pr&#233;cipite vers l'homme les poings ferm&#233;s et mart&#232;le sa poitrine en criant : &quot;Monstre, monstre !&quot; Il reste imperturbable et elle retombe &#224; ses pieds en sanglots.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par la fen&#234;tre entr'ouverte sur une cour on entend l'annonce d'un journal t&#233;l&#233;vis&#233; &#233;dition sp&#233;ciale
.
Elle sursaute et crie &#224; son mari : &quot;Jean tu n'as pas remont&#233; la pendule !&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui bondit vers le carillon, mais l'homme l'arr&#234;te d'un geste et ricane :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Cela n'a plus aucune importance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous deux le fixent, horrifi&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle g&#233;mit : &quot;mais &#231;a n'est pas possible !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme se tourne vers elle et, haussant les &#233;paules : &quot;vous ne savez pas ce que vous d&#238;tes&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle : &quot;mais vous n'avez pas le droit !&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme scrute la pi&#232;ce, cherchant, remarque une montre gousset pos&#233;e &#224; c&#244;t&#233; des simili sculptures, se rue vers elle et la met dans sa poche apr&#232;s un instant d'h&#233;sitation. avant de dire avec un petit rire ironique :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; bon, maintenant il est temps...il est temps de tuer le temps en attendant.
Il s'installe confortablement dans le fauteuil et ferme les yeux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Silence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle se rel&#232;ve et le couple, bras ballants, s'anime doucement avec un mouvement de balancier, le m&#234;me que celui du tic-tac de la pendule qui progressivement diminue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme bondit de son fauteuil en hurlant :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ca suffit ! Le couple et la pendule s'arr&#234;tent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme se rassoit et soupire :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Bien, passons aux choses s&#233;rieuses&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle et lui se regardent, d&#233;boussol&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui h&#233;site &#224; se gratter le cr&#226;ne, &#224; esquisser le moindre mouvement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme : Mais en vous g&#234;nez plus, fa&#238;tes comme si je n'&#233;tais pas l&#224; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt; !Son bras &#224; lui retombe inerte. Elle ouvre la bouche comme si elle allait crier, regarde l'homme, se met &#224; fredonner une comptine comme si elle &#233;tait une poup&#233;e &#224; clef remont&#233;e : &quot;une souris blanche, qui logeait dans les buissons, elle a fait la manche, est partie &#224; reculons&quot;....&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme se l&#232;ve, para&#238;t soulag&#233; et dit :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Enfin nous y voil&#224; . Vous souvenez-vous Ch&#232;re Anna (en fait je devrais dire Maria) de la premi&#232;re fois o&#249; vous avez chant&#233; cette comptine ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle, abasourdie : Maria, pourquoi Maria ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme : parce que, Ch&#232;re Anna .... Maria, les paroles n'&#233;taient pas tout &#224; fait les m&#234;mes, et que le sens en &#233;tait enti&#232;rement chang&#233; ! Souvenez-vous :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme s'affale soudain dans un fauteuil, (lui, comme un reflet, en fait autant, se prend la t&#234;te dans les mains, ) quatre lourdes secondes de silence s'abattant sur le trio. L'homme, avec un sourire :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Vous n'avez rien &#224; manger ? Je meurs de faim.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle, soulag&#233;e, sort du salon en courant et revient aussit&#244;t avec une tarte aux pommes, et dit :&quot; c'est une nouvelle recette &#224; la cannelle et &#224; la cr&#232;me fraiche, un peu long &#224; pr&#233;parer, mais d&#233;licieux.&quot; Elle court vers le meuble du fond, en sort trois assiettes qui tintent un peu trop fort entre ses doigts, sort d'un tiroir trois petites cuill&#232;res et un couteau. L'homme lui prend le plat des mains, le hume avec d&#233;lices, le jette &#224; terre et le pi&#233;tine. Il pousse alors un &quot;Oh !&quot; de consternation et, lentement, m&#233;ticuleusement, remet les morceaux dans une assiette en tentant de leur redonner une forme acceptable pour un g&#226;teau. Il s'approche du couple, l'assiette &#224; la main et fait imm&#233;diatement demi-tour pour aller reposer le plat sur la table Henri II au fond de la pi&#232;ce.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle et lui se regardent, horrifi&#233;s, se mettent dos au public, reculent jusqu'au bord avant de s'arr&#234;ter net sur le point de tomber. Ils se tournent l'un vers l'autre, s'&#233;treignent fortement, se s&#233;parent, et elle le gifle &#224; toute vol&#233;e. Il g&#233;mit et glisse &#224; terre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme se h&#226;te vers lui et le rel&#232;ve en grommelant :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; allons, allons, un peu de dignit&#233; que diable, nous n'en avons pas encore fini !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il entoure le couple de ses bras et les emm&#232;ne doucement s'asseoir devant la table basse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui : -je vais tout vous raconter&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle :- Jean tu es fou, tais toi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme sourit, s'approche d'elle, l'embrasse fougueusement sur la bouche puis l'&#233;treint en murmurant :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; cette bouche pourrait recevoir une caresse beaucoup plus rude si vous vous obstiniez &#224; vouloir fermer celle de votre mari !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme se tourne vers Jean avec un sourire :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Et bien, Cher Jean, nous vous &#233;coutons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jean se met &#224; b&#233;gayer : - Je .......Je.........j'ai soif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il sort de la pi&#232;ce en courant et revient aussit&#244;t la t&#234;te ruisselante d'eau avant de s'effondrer dans un fauteuil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Simultan&#233;ment elle s'est &#233;loign&#233;e lentement de l'homme qui la laisse filer, restant &#224; l'&#233;vidence ma&#238;tre de l'&#233;trange situation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jean s'essuie le visage avec un mouchoir et commence :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; nous &#233;tions jeunes, beaucoup trop jeunes pour nous lancer dans cette aventure ...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle fond en sanglots r&#233;prim&#233;s par l'homme qui fait un pas vers elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme : -Et ...ne pensez-vous pas que le suicide aurait &#233;t&#233; la meilleure conclusion ? Je suis l&#224; pour vous aider, ne l'oubliez-pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle commence &#224; tirer sur ses cheveux, hagarde, et soudain fixant l'homme :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Je vous reconnais ! vous &#234;tes ........vous &#234;tes.........&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne comprend pas le nom occult&#233; par le rire tonitruant de l'homme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lui, semblant ne pas s'apercevoir de ce qui se passe, se met &#224; monologuer :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://hafiline.unblog.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Nous n'avons pas voulu ce qui est arriv&#233; : en fait, il n'est rien arriv&#233;, et si quelqu'un &#224; des reproches &#224; nous faire, ce n'est certainement pas &#224; un olibrius de votre esp&#232;ce ....&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme s'approche de lui, mena&#231;ant et commence tr&#232;s lentement &#224; se d&#233;v&#234;tir :veste, boutons de chemise et chemise, pantalon, il reste en short, torse nu, le couple muet le regarde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(de toute &#233;vidence c'est Samy Frey qui joue le r&#244;le, entra&#238;n&#233; dans une aventure insens&#233;e par un dramaturge de pacotille en &#233;quilibre sur un des bords de l'absurdit&#233;.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme, d'une voix forte : - alors, qu'est ce que vous attendez ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le t&#233;l&#233;phone sonne, elle se pr&#233;cipite vers l'appareil comme si elle &#233;chappait &#224; un danger mortel..&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les deux hommes s'approchent du combin&#233; en la regardant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle : allo, allo ! c'est toi Paul ? ....silence. Mais qui &#234;tes vous Madame ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme prend l'appareil et dit : -oui c'est moi, &#231;a n'est pas aussi facile que je le pensais. Je te rappelle dans une demi-heure, quand tout sera liquid&#233;. Il raccroche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme se rhabille avec une h&#226;te qui n'a d'&#233;gale que la lenteur avec laquelle il s'est d&#233;v&#234;tu, provoquant de la sorte une esp&#232;ce paradoxale d'acc&#233;l&#233;ration de ce qui se passe dans l'appartement ; les volets se mettent &#224; claquer avec l'orage approchant, l'horloge sonne onze heures, le tableau Picasso tombe &#224; terre entra&#238;nant le sursaut de Jean et Anne qui, se pr&#233;cipitant pour le ramasser, se heurtent et tombent. L'homme les regarde, impassible, et soudain &#233;clate en sanglots r&#233;fr&#233;n&#233;s ; Jean et Anne, aussi abasourdis que les spectateurs, se rel&#232;vent, viennent vers l'homme, l'entourent affectueusement de leurs bras, murmurant des paroles de consolation, l'emm&#232;nent vers un fauteuil o&#249; l'homme s'&#233;croule, prostr&#233; ; Le couple se regarde, on sent qu'ils reprennent courage, semblent sur le point de prendre une d&#233;cision.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La sc&#232;ne suivante se passe dans un silence complet. Le coupe, ahanant, allongent l'homme sur le sol, il y reste immobile tandis que Jean sort en h&#226;te de la sc&#232;ne et revient avec une immense couette qu'il jette sur l'homme. Anne pr&#233;pare quelques feuilles d'une sorte de tisane extirp&#233;es d'un bocal et arros&#233;es d'eau bouillante. Elle tend la tisani&#232;re &#224; Jean qui avale la potion d'un trait et Jeanne, &#233;pouvant&#233;e, pousse un cri per&#231;ant. Au m&#234;me moment l'homme s'assoit et se se lisse les cheveux, comme sortant d'un sommeil profond, &#224; l'appel du cri.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle : - mais Jean, qu'est-ce que tu as fait ! Jean pose ses mains sur sa poitrine, regarde sa femme et le r&#233;cipient, alternativement, avant de sortir de la pi&#232;ce pr&#233;cipitamment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme : - mais qu'est-ce que vous luui avez fait ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle : - chut !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme : - vous vous &#234;tes bien moqu&#233;e de moi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle violemment : taisez-vous !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On entend un r&#226;le en coulisse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;elle - voil&#224;, c'est fini&lt;/p&gt; &lt;p&gt;l'homme : - et Maintenant ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;elle - maintenant, maintenant je m'occupe de tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle dispara&#238;t pour revenir sur sc&#232;ne, enfile un manteau et des gants, ouvre la porte, sort, ferme la porte &#224; clef. On l'entend ricaner et d&#233;valer les escaliers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'homme s'avance sur le devant de la sc&#232;ne et le rideau tombe avec grand fracas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;NOTE DE L'AUTEUR : le but &#233;tait de produire du suspense &#224; partir de &lt;strong&gt;RIEN&lt;/strong&gt; r&#233;ussi, ou &quot;foutaise&quot; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>MIETTE DE TCHAD</title>
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		<description>Lucie est sculpturale, encore plus depuis sa grossesse dont elle expose la nudit&#233; avec un contentement et des caresses aussi manifestes que son ventre protub&#233;rant. Lucie est tchadienne et vit en France depuis plusieurs ann&#233;es Elle est arriv&#233;e pour subir une d&#233;licate op&#233;ration cardiaque qui a laiss&#233;, sur sa poitrine une cicatrice &#233;mouvante comme une scarification. Ce jour l&#224; elle est venue me rendre visite avec son compagnon tchadien, r&#233;fugi&#233; politique Tous deux emplissent mon modeste (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lucie est sculpturale, encore plus depuis sa grossesse dont elle expose la nudit&#233; avec un contentement et des caresses aussi manifestes que son ventre protub&#233;rant. Lucie est tchadienne et vit en France depuis plusieurs ann&#233;es Elle est arriv&#233;e pour subir une d&#233;licate op&#233;ration cardiaque qui a laiss&#233;, sur sa poitrine une cicatrice &#233;mouvante comme une scarification.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Ce jour l&#224; elle est venue me rendre visite avec son compagnon tchadien, r&#233;fugi&#233; politique Tous deux emplissent mon modeste salon et moi, minuscule aupr&#232;s d'eux (enfin c'est ce que je ressens) je m'abandonne &#224; ma maladresse habituelle : je tr&#233;buche, je rattrape avant que je ne casse j'&#233;raille , je me d&#233;m&#232;ne dans tous les sens, et je renverse mon verre encore &#224; demi plein d'un vin hongrois d&#233;licieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Et je d&#233;clenche la phrase surgie d'Afrique &lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; quand on renverse du liquide, ce sont les anc&#234;tres qui veulent leur part&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Je me suis empress&#233;e de nettoyer la table avant de me rendre compte que j'avais peut-&#234;tre frustr&#233; mes anc&#234;tres de cet &#233;panchement de leur soif qu'ils me r&#233;clamaient. Et ma machine pensante, d&#233;routante disent certains, s'est mise en branle dans mon cerveau. Qu'est-ce que &#231;a veut dire, cette propension cong&#233;nitale &#224; renverser du liquide &#224; tous propos, un ent&#234;tement de ces anc&#234;tres &#224; se manifester, surgis du temps o&#249; je n'existais pas encore sinon &#224; travers eux ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	L'eau, mon &#233;l&#233;ment, me fait aimer les vaisselles, les lessives, les arrosages dans le jardin, et surtout les douches d'eau glac&#233;e qui me rattachent &#224; cette grand'm&#232;re maternelle qui, dans sa jeunesse pr&#232;s d'Odessa, allait se plonger en hiver dans les torrents avec la volupt&#233; qu'elle m'a transmise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Chers anc&#234;tres assoiff&#233;s, il va falloir que je vous &#233;coute apr&#232;s mes renversements futurs. Lire dans les liquides &#233;pandus des signes, des appels m&#233;moriels avant qu'ils ne deviennent vaporeux et disparaissent, laissant des traces que je m'efforcerai de traduire, avec mon habituelle maladresse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;	Mes amis tchadiens sont partis et la phrase providentielle est rest&#233;e, liant ma propre histoire, partie d'Europe, au continent noir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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